Mon choix de matériel pour la facilitation graphique

Dans ma carrière de facilitateur graphique freelance, j’ai eu l’occasion de tester toute sorte de matériel de dessin.

Tout d’abord, je souhaiterais faire un premier constat : le matériel n’est pas le plus important. Même si nous sommes amenés à penser qu’il faut absolument telle marque ou tel modèle de marqueur pour bien travailler, ce qui fait la différence c’est surtout la capacité du facilitateur graphique de résumer une idée à travers une métaphore visuelle, et savoir la dessiner rapidement. En faites, il nous est tous arrivé de devoir travailler dans des conditions pas optimales (un marqueur qui meurt en live et dont nous n’avons pas de rechange, ou du papier que celui différent car nous ne pouvons pas accrocher le notre) sans que notre prestation en soit foncièrement affectée. Personnellement, je viens du monde de l’architecture et de l’illustration, qui demandent une recherche beaucoup plus précise en terme de matériel de dessin, et ayant enseigné pendant des nombreuses années le dessin dans des écoles d’art j’ai toujours répété à mes élevés que c’est la main (et le cerveau) qui font la différence, et non pas l’outil.

le matériel n’est pas le plus important

Ceci dit, il est vrai que le choix du matériel a sa raison d’être, et il est très important, avant de se lancer dans la facilitation graphique en live, de prendre le temps pour tester, expérimenter et rechercher quel outil est le plus adapté à notre style et notre manière de travailler.

Dans ce post, je passerai en revue mes choix par catégorie, en essayant d’argumenter mes critères de sélection. (Bien évidemment je ne suis sponsorisé par aucune marque et il s’agit de préférences strictement personnelles).

Les marqueurs

Après en avoir testé des dizaines, mon choix s’est rapidement calé sur les Aquabrush de la marque Lyra. La raison est très simple. Ces marqueurs possèdent une pointe souple qui permet le trait modulé. L’épaisseur et la flexibilité de la pointe en pinceau permettent un contour avec des grandes variations. C’est à la fois quelques choses de complexe à maîtriser, mais il donne également à mon avis tout son charme au dessin. Les marqueurs Lyra possèdent 2 pointes, dont une en pinceau et une très fine (dont je ne me sers jamais). Ils ont aussi 2 autres particularités qui les rendent parfaits pour moi. 1) Diamètre réduit. Étant donné la faible encombrement de ces marqueurs, ils est tout à fait possible d’avoir tous les couleurs à portée de main dans la poche ou bien dans la sacoche de ceinture (voir chapitre dédiée aux accessoire). 2) Longueur. Ces marqueurs sont beaucoup plus longs que les autres marques, et stockés à la verticale, la pointe dépasse toujours le bord de votre poche, ce qui permet de les saisir et déposer très rapidement sans devoir fouiller.

Si pour une raison de style vous n’avez pas besoin d’un contour variable, je recommande d’utiliser les marqueur Lumocolor de la marque Staedler, ou encore les Uni Prockey. Pour les éléments qui ne demandent pas un tracé complexe, comme les lettrages ou les encadrements, j’utilise moi-même ces marqueurs, qui ont une belle capacité de recouvrement.

Je sais que tout le monde dans le milieu de la facilitation graphique parle des marqueurs Neuland. Bien évidemment, il s’agit de produits excellents et j’ai ai utilisés plusieurs pendant un certain moment, mais je trouve la pointe très rigide, ils prennent beaucoup de place, et ils ne s’adaptent pas à mon style de dessin.

Dans tous les cas, quel qu’elle soit la marque, il y a un critère incontournable pour le choix. Il faut privilégier des marqueurs à l’eau et éviter à tout prix les marqueurs à l’alcool. Ces derniers en faites passent à travers le papier, surtout quand le grammage est fin et ils risquent de tâcher la surface derrière. En cas d’accrochage au mur, cela peut être source de problèmes sérieux. Vous allez vite vous rendre compte que les clients posent souvent la question des marqueurs et de leur propreté, surtout que les salles sont souvent louées.

Le papier

Les différents grammages de papier

Pour ce qui concerne le papier, tout dépend de l’usage. La facilitation graphique n’est pas une performance artistique mais plutôt un outil de travail et de réflexion. Le support n’est donc pas pensé à la base pour être beau et durable. Toutefois, étant donné que cela ne prends pas plus de temps d’exécuter un dessin sur du papier de qualité, autant réfléchir en à mont sur ce choix.

Je conseille donc toujours de discuter avec le client. Personnellement, j’offre toujours 2 options. Du papier fin (90g), quand le but n’est pas forcement de garder la fresque, et du papier multi technique plus épais (200g), si le client veut quelques choses de plus durable.

Pour les deux, j’utilise un rouleau 1mx10m de la marque Clairefontaine.

Un papier plus épais est globalement de meilleure qualité et il permet que la fresque ne s’abîme pas, une fois la presta terminée, si on l’enroule pour la transporter. Par contre il est bien évidemment plus coûteux (il faut compter à peu près 30€ pour les 10m) et un peu plus difficile à accrocher car il possède plus de résistance. Attention, qui dit épais dit plus de fibres de cellulose et ces dernières ont la tendance à absorber beaucoup plus de pigments. Cela veut dire que vos marqueurs vont durer moins longtemps.

Les accessoires

Les accessoires ne sont pas indispensable, mais constituent le petit plus qui permet de personnaliser sa manière de travailler. Pour ce qui concerne l’ergonomie pendant le dessin, j’ai toujours utilisé un étui vertical. J’en ai plusieurs qui ont tous la particularité de s’ouvrir en haut et pouvoir s’accrocher à ma ceinture.

Le plus pratique est un petit étui (à la base pensé pour s’accrocher à la selle d’un vélo) qui peut se scratcher. Sa taille est parfaite pour contenir tous mes marqueurs + un petit bloc notes (pour les annotations), et cela me permet d’avoir toujours tout sur moi.

Autre accessoire important est le chevalet télescopique, très utile dans les salles où pour une raison ou une autre il n’est pas possible d’accrocher le papier au mur. Personnellement j’en ai deux de la marque Dawler-Rowney, ultra-légers (à peine 900g) et compactes, qui me permettent de soutenir des supports rigides allant jusqu’à 2m50.

Dans ma petite boîte à outils, je garde également toujours du scotch type Tesa, du blanco et des papiers blancs adhésifs à découper (pour les corrections), des ciseaux/cutter, et des épingles.

Conclusion

  • En facilitation graphique, le matériel est moins important que la capacité du facilitateur graphique de résumer une idée,
  • Il n’y a pas d’outil parfait en soi, mais tout dépend de l’usage que nous allons en faire.
  • Étant donnée la diversité dans le style de chaqu’un et de ses critères, la seule méthode pour choisir son matériel est de tester et expérimenter soi-même,

J’espère que ce petit post puisse vous aider à vous orienter dans la recherche d’outils adaptés à la pratique de la facilitation graphique et le sketchnoting. N’hésitez pas à partager vos expérience dans les commentaires.

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